Actualité

Bilan RTE 2011 : Flop de la demande et boom de l’export

Joël Spaes | 19/01/2012 | 16:36 | Energie

Dominique Maillard, le président du directoire de RTE a présenté,  Jeudi 19 janvier, le bilan électrique français pour 2011. Un bilan largement marqué par la chute de la demande, en retrait de 6,8 %, mais en progression de 0,8 % corrigée des variations climatiques.

L’année 2011 aura été marquée par deux éléments. D’une part, la  douceur des températures et d’autre part, à partir du second semestre, l’impact de la crise, notamment sur la consommation industrielle qui régresse (en données annuelles) de 7 % à compter de juillet 2011.
Et, alors que la demande des particuliers augmentait régulièrement depuis des années, elle chute en 2011.
Seuls les appels des PME/PMI progressent sur l’année écoulée. Néanmoins, RTE ne peut dire s’il existe une part de maîtrise de l’énergie dans le retrait de la demande des foyers ou s’il s’agit uniquement d’un « effet crise ».

On notera que pour répondre à la demande, la disponibilité du nucléaire (moins de 50 % du parc installé, mais 77,7 % de la production, à 421,1 TWh) a compensé le déficit hydraulique (retrait de 25,6 % par rapport à 2010, à 50,3TWh). Déficit également partiellement compensé par l’éolien (11,9 TWh) et le PV (1,8 TWh).


Hausse des exportations


Mais le deuxième « événement » de ce bilan 2011, c’est aussi la vive remontée des exportations. Ainsi, le solde exportateur français a quasiment doublé par rapport à 2009 et 2010, pour atteindre 55,7 TWh. Comme l’a souligné Dominique Maillard, ces « échanges reposent sur des mécanismes commerciaux ». Or, en 2011, le différentiel de prix a été favorable au courant produit en France, dans la majeure partie de l’année.
En clair, si l’export a été boosté en 2011, c’est parce que le prix du courant a été moins cher en France qu’ailleurs en Europe.

Le différentiel de prix sur les « marchés spot » français et allemand a ainsi été inversé à compter de la décision d’arrêt des tranches allemandes, en mars. Et alors que sur les deux années précédentes, les situations avec solde importateur ont été beaucoup moins fréquentes : 4 jours en énergie et 19 jours en puissance, contre respectivement 72 et 136 jours, en 2010.

Ainsi, avec l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne, le solde des échanges est passé d’importateur, en 2010, à exportateur en 2011. Avec l’Allemagne, le bond est patent, puisque l’on passe de 16,1 TWh d’import en 2010 à 8,4 TWh en 2011 alors que, côté export, on passe de 9,4 TWh en 2010 à 10,8 TWh en 2011. Pour RTE, c’est bien le signe de l’influence de l’arrêt des tranches nucléaires outre-Rhin.

RTE signale, par ailleurs, que les échanges franco-allemands sont de plus en plus impactés par les volumes de production éolienne et solaire outre-Rhin. Pas de doutes, les marchés sont bien liés… Pour le meilleur et pour le pire !

Joël Spaes | Source ENERPRESSE