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La révolution annoncée du compteur communicant

Romain Chicheportiche - Enerpresse | 12/04/2011 | 15:52 | Energie

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Le compteur Linky de ERDF

Le compteur communicant est-il la révolution annoncée ? Si ERDF, la filiale distribution d’EDF, manifeste sa satisfaction après l’expérimentation Linky (1), certains, dont le président du syndicat inter-communal d’Indre-et-Loire, qui l’a vécue, se montre plus réservé. Compte-rendu d’un débat organisé le 12 avril par les publications spécialisées BIP et Enerpresse.

Alors que l'expérimentation Linky est achevée dans les régions de Lyon et de l'Indre-et-Loire, Marc Boillot, directeur Stratégie et Grands Projets d'ERDF, a montré sa satisfaction : «seulement 1% de réclamations pour 250 000 compteurs installés». L'heure est au retour d'expérience à travers le comité de suivi. «Les recommandations qui en émaneront sont attendues pour juin», a estimé Florian Lewis, adjoint au chef du bureau des réseaux électriques de la direction générale de l'Energie et du Climat (DGEC), qui rappelle que «la décision d'engager le déploiement à grande échelle est du ressort du gouvernement».

5 000 emplois directs

Le distributeur d'électricité se dit quant à lui prêt à lancer le chantier, évalué à 4,3 milliards d'euros. « Ce projet va générer 5 000 emplois directs dans la fabrication des compteurs et des concentrateurs », promet Marc Boillot. Jusqu'à 7 millions de compteurs par an devraient être installés. « Cela donne une idée du nombre de fabricants potentiels qui pourraient être impliqués ». La stratégie de déploiement par zone est pour l'heure privilégiée. La question du financement ne semble, elle, toujours pas tranchée. Le programme devait initialement être financé via le Turpe (tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité), mais un endettement de la filiale d'EDF n'est désormais pas exclu. Un choix qui influera sur la propriété du compteur et sur le risque porté en cas de dépassement de coût.
Sur ce point, Jean-Luc Dupont, président du syndicat intercommunal d'Indre-et-Loire, a fait preuve de scepticisme : «La moyenne de 29-35 minutes par pose me semble peu représentative, notamment en milieu rural». Et de mettre en garde contre une sous-évaluation des temps de pose qui représentent la moitié des coûts du déploiement. Sur la maîtrise de l'énergie (MDE), là-encore, J.L Dupont a semblé dubitatif estimant que l'approche «vers l'usager a été occultée». Ainsi nombre de compteurs ne se trouvent pas dans le lieu de vie et les consommateurs n'auront pas la prise de conscience tant espérée. Les mécanismes de MDE se développeront donc essentiellement en aval du compteur. «C'est un choix délibéré qui vise à déployer un compteur robuste, caractérisé par une forte interopérabilité. Il reviendra aux fournisseurs de proposer des offres innovantes», confirme Florian Lewis. Un positionnement qui pose la question des données. «Elles doivent être confidentielles et sécurisées» pour éviter le risque de piratage, a précisé Patrice Mallet responsable management d'Accenture, qui publie une étude évaluant à 58% la part de Français confiant dans les systèmes de protection d'ERDF. Les données seront conservées deux ans et communiquées uniquement avec l'accord du consommateur.

 

Romain Chicheportiche - Enerpresse | Source ENERPRESSE

(1) C'est en 2007 qu'ERDF a lancé le projet « Linky » (nom donné officiellement au compteur en mars 2009). Ce projet ambitionne l'équipement de la France entière en compteurs AMM (pour Automated Meter Reading) avant 2020, soit 35 millions de clients équipés, pour un coût annoncé, on l'a vu, de 4 milliards d'euros. Le gouvernement doit décider de cette généralisation à l'issue de la phase d'expérimentation. Mais comme pour nombre de sujets énergétiques à l'heure actuelle, il semble que les choses soient quelque peu en suspens...