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EPR de Flamanville : EDF devrait annoncer un retard de 2 ans et un surcoût
| 29/07/2010 | 16:56 | Energie
Electricité de France (EDF) devrait annoncer vendredi un report de deux ans de la date de démarrage de son réacteur EPR de Flamanville (Manche) et une augmentation du coût du chantier à 5 milliards d’euros, a-t-on appris jeudi de source syndicale.
"Ils vont annoncer un coût de 5 milliards d'euros et un retard de deux ans demain (vendredi) au moment de la publication de leurs résultats" semestriels, a indiqué cette source, qui a souhaité garder l'anonymat.
Le coût du chantier de ce réacteur de 3e génération, initialement fixé à 3,3 milliards d'euros, avait déjà été réévalué à 4 milliards d'euros en décembre 2008 en raison notamment de la hausse du prix des matières premières.
"Je pense qu'ils sont en dessous de la réalité, que le coût du chantier est plutôt de 6 milliards d'euros, ce qui n'est pas aberrant pour une première construction", a ajouté cette source syndicale.
Le conseil d'administration d'EDF devait examiner cette question au cours d'une réunion jeudi.
Le groupe, qui publie ses résultats vendredi matin, n'a pas souhaité confirmer un éventuel changement de calendrier.
Une porte-parole a seulement rappelé à l'AFP qu'"un certain nombre d'études" étaient en cours "pour évaluer la situation et ses conséquences".
Dans un rapport publié mardi par l'Elysée, l'ancien patron d'EDF François Roussely préconise d'établir d'urgence "un plan d'actions prioritaires" afin de "garantir la construction de la centrale nucléaire Flamanville 3 dans les meilleures conditions de coût et de délais".
Il estime en outre que "la crédibilité (...) du modèle EPR et la capacité de l'industrie nucléaire française à réussir de nouvelles constructions de centrales ont été sérieusement ébranlées par les difficultés rencontrées sur le chantier finlandais d'Olkiluoto et sur celui de la troisième tranche de Flamanville".
Le chantier de l'EPR d'Olkiluoto en Finlande, mené par le groupe Areva, accuse en effet 4 ans de retard sur son calendrier initial, avec un démarrage du réacteur prévu fin 2012 ou début 2013.
Areva a passé 2,7 milliards d'euros de provisions dans ses comptes pour ce chantier, alors que le coût de cet EPR était initialement évalué à 3 milliards d'euros.