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Flexibilité, mesure, éducation… maîtres mots pour une exploitation énergétique économe
Françoise Vaysse | 30/10/2009 | 17:51 | Energie
Un an après sa création à l’initiative de Bouygues Immobilier, le GIE « Enjeu Energie Positive » restitue ses premiers travaux dans « un livre blanc », accueille deux nouveaux membres (Intel et Tenesol) et veut participer en 2010 à un grand colloque sur l’énergie positive.
L'idée de Bouygues Immobilier, au moment de lancer ses premiers immeubles à énergie positive, était de réunir des grands industriels impliqués tout au long de la phase d'utilisation de ces bureaux, afin de trouver avec eux les moyens de garantir que la performance serait maintenue dans le temps. On retrouve autour de la table des groupes aussi connus que Lexmark, Philips, Schneider Electric, Siemens, Sodexo, Steelcase (fondateurs) et Tandberg (partenaire) ;
Cinq thèmes de travail ont été retenus : mesure et pilotage de la performance énergétique ; optimisation de l'éclairage ; restauration d'entreprise ; optimisation de la consommation énergétique de la bureautique ; accompagnement au changement. Il apparait en effet que le poste chauffage ventilation climatisation représente 48% de la consommation d'énergie d'un bâtiment tertiaire (RT 2000), l'éclairage 20%, la bureautique 15%, et le restaurant 9%.
Le premier groupe estime ainsi que si l'on veut atteindre l'objectif de la BBC, il est nécessaire d'intégrer des nouvelles règles dès la conception de l'immeuble et lors de sa phase d'exploitation. Ce qui suppose des engagements de résultats avec les exploitants, un pilotage énergétique puissant et complet, la définition de référentiels de consommation. Parmi les propositions : la création d'une fonction de « responsable énergie et environnement ». Une nouvelle approche de la mesure et du pilotage du bâtiment reposera sur des zones intégrant des capteurs intérieurs ou extérieurs pour contrôler l'ensemble des usages. Ceux-ci seront contrôlés dans la gestion technique des bâtiments, qui assurera le pilotage des équipements.
Perte d'efficacité dès la première année
Pour diviser par 4 la consommation liée à l'éclairage, le deuxième groupe a élaboré un guide. Généralisation des LED, flexibilité des installations (notamment en fonction de l'activité), pilotage de l'éclairage devraient permettre de réduire de 75% la consommation par rapport aux normes actuelles. Ses participants pensent possible d'atteindre 15 kWh/m2/an (contre 30 avec la RT 2005) et même encore moins : de l'ordre de 7,5 kWh/m2/an.
Le groupe sur la restauration a travaillé dans une logique de maintien des cuisines dans les immeubles. Sa première démarche a consisté à faire une typologie des consommations par fonction : chauffage, ventilation climatisation 33%, cuisson 26%, eau chaude sanitaire 12%, laverie 12%, froid 8% et éclairage 8%. Ce qui a permis de discerner un potentiel d'économie d'énergie de l'ordre de 35% et un retour sur investissement de 36 à 48 mois. Il va poursuivre sa réflexion au-delà de la consommation énergétique pour aller vers l'impact carbone en travaillant sur les éléments d'approvisionnement, les déchets et l'eau.
Dernier gros poste consommateur, très mal connu des directeurs de systèmes d'information eux mêmes : la bureautique. Les membres du quatrième groupe de travail se sont voulus très pragmatiques et ont recherché des outils pour mesurer puis pour simuler ce que serait une bonne consommation bureautique. Ils ont développé un simulateur ConsoTIC reprenant les paramètres du bâtiment, du parc et de son usage et assurent que l'on peut facilement réduire de 35% la consommation en réduisant celle de chaque équipement et en rationalisant leur utilisation. L'outil va être perfectionné et élargi pour prendre en compte l'ensemble de l'impact carbone.
La question cruciale du comportement de l'utilisateur a été le thème du dernier groupe. On constate en effet une perte d'efficacité énergétique de 10 à 20% dès la première année d'exploitation. D'où un long travail pour expliquer les enjeux, clarifier les bénéfices, susciter l'envie de changer et pérenniser les comportements « en combinant dispositifs managériaux des plus incitatifs aux plus coercitifs et traçabilité des modes de consommation ». Le nouveau « responsable énergie et environnement » a là aussi un rôle à jouer.
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