Actualité

Après Xynthia, Philippe Berre, escroc, ex-faux chef de chantier de l’A28, revient en fonctionnaire du ministère de l’Agriculture

AP | 09/03/2010 | 18:25 | Planète

Agrandir la photo © AFP
L'escroc Philippe Berre, qui avait inspiré le film "A l'origine", a été interpellé dimanche à Charron (Charente-Maritime) après s'être fait passer pour un fonctionnaire chargé d'aider les sinistrés de la tempête Xynthia

Après avoir embobiné une commune de la Sarthe en prétendant relancer le chantier d’une autoroute, trame du film « A l’origine » de Xavier Giannoli, l’escroc Philippe Berre a été interpellé dimanche en Charente-Maritime où il passait pour un agent venu aider les sinistrés de la tempête Xynthia.

Plus de dix ans après sa première supercherie - il s'était engagé à relancer le chantier de l'autoroute A28 dans la Sarthe qui s'était arrêtés deux ans plus tôt et les habitants, entrepreneurs locaux et autorités municipales avaient vu en lui un sauveur qui allait faire repartir le chantier - c'est au volant d'un 4X4 kaki équipé d'un gyrophare que Philippe Berre, 56 ans, a débarqué le 3 mars au poste de commandement de Charron, une commune dévastée par la tempête Xynthia.
Il s'est présenté comme un fonctionnaire détaché du ministère de l'Agriculture avec de l'expérience en matière de déblaiement et nettoyage, raconte le maire, Jean-François Faget. "Il avait l'air sympathique et je n'avais aucune raison de me méfier", se souvient l'élu charentais.

 

Hauts fonctionnaires en voiture volée

Pendant quelques jours, l'escroc, qui a été condamné à cinq ans d'emprisonnement par le tribunal de Mâcon dans l'affaire qui a inspiré le film "A l'origine", a transporté des hauts fonctionnaires à bord de son véhicule tout terrain, volé quelques jours auparavant. "Il s'est rendu utile mais n'a jamais eu aucun contact avec les sinistrés", explique M. Faget. Mais dimanche, l'élu est intrigué par le comportement de ce soi-disant ingénieur. "Je l'entendais parler de matériel qu'il souhaitait commander", se rappelle l'édile. Aussitôt, il décroche son téléphone pour s'assurer auprès de la préfecture que ce curieux personnage a "bien les pleins pouvoirs" pour agir. Dans la foulée, les gendarmes ont interpellé M. Berre, aussitôt placé en garde à vue à Marans. Un mandat de dépôt devait lui être notifié mardi 9 mars dans l'après-midi en vue de son incarcération dans un établissement pénitentiaire à Vivonne (Vienne), selon une source proche de l'enquête. Au moment de son interpellation, Philippe Berre avait déjà commandé du matériel de déblaiement et de nettoyage, selon une source proche de l'enquête. Depuis, l'ensemble de ce matériel a été décommandé par la préfecture de Charente-Maritime, qui a confirmé cette interpellation mais n'a pas souhaité faire de commentaires. Le parquet de La Rochelle, en charge de l'affaire, n'a pas voulu communiquer.

 

AP | Source AFP