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Paris et ses Vélib’, vitrine mondiale pour JCDecaux

Defawe Philippe | 12/07/2007 | 12:49 | Planète

Le déploiement et la mise [...]

Le déploiement et la mise en service, dimanche 15 juillet à Paris, de vélos en libre-service, en échange d'un juteux contrat d'affichage publicitaire, constitue pour le groupe français JCDecaux une "vitrine mondiale" dans sa conquête de nouveaux marchés.
"C'est un programme qui sera très observé par toutes les capitales mondiales", prédit Albert Asséraf, directeur de la stratégie du groupe, qui assure que "Paris sera une vitrine mondiale tant pour le mobilier urbain que pour les vélos".
Renouvelé depuis 1976, le contrat parisien, qui suivait celui, fondateur, de Lyon en 1964, est un jalon important dans l'histoire de JCDecaux, inventeur d'un concept audacieux : il installe à ses frais du mobilier urbain (abribus, panneaux), assurant leur exploitation publicitaire pour rentabiliser l'investissement.
Paris, "détenu" via sa filiale à 66% Somupi (Publicis étant l'autre actionnaire), a offert au groupe familial une vitrine prestigieuse pour conquérir le monde. Aujourd'hui il s'affiche dans 48 pays et 3 500 villes pour un chiffre d'affaires de 1,9 milliard.
Pas étonnant dès lors que la remise en jeu du contrat en 2006 ait tourné à la bataille judiciaire quand l'américain Clear Channel a failli l'emporter.

Moins de panneaux publicitaires mais des vélos
Si JCDecaux a finalement été choisi, les règles du jeu ont changé : moins de panneaux publicitaires (1 628 au lieu de 2 000) et surtout l'installation à ses frais de vélos en libre-service. Le français y consacrera 80 à 90 millions d'euros et compte générer un chiffre d'affaires annuel de 60 millions, contre 30 avec le contrat précédent, uniquement tiré des recettes publicitaires puisque le prix de l'abonnement ira à la ville.
"Les panneaux seront désormais déroulants donc même s'il y en a moins nous augmenterons notre chiffre d'affaires", explique M. Asséraf.
Vraie nouveauté : les vélos. Là encore Lyon sert, depuis 2005, de grand laboratoire avec 60 000 abonnés (lire ci-dessous).
A Paris, le groupe a dû travailler vite. En cinq mois, il a installé 750 stations pour proposer à partir du dimanche 15 juillet 10 600 vélos. Il vise 200 000 abonnés en un an.
"Tous les départements de l'entreprise ont travaillé sur ce projet", indique M. Asséraf. Une aventure tant industrielle qu'écologique: les vélos, dessinés par JCDecaux, assemblés par le français Mercier en Hongrie, équipés de pneus allemands et de dérailleurs japonais, sont "recyclables à 99%".

Un concept qui s'exporte
D'autres villes sont séduites: "les appels d'offres récents de mobilier urbain à Marseille, Mulhouse, Besançon, Bruxelles et Barcelone ont tous été assortis de vélos, c'est une tendance lourde du secteur", note M. Asséraf.
Difficile en effet pour une municipalité de ne pas céder aux charmes du dispositif, à l'image moderne et écologique, permettant d'équiper ses concitoyens en vélos sans rien dépenser.Interrogé sur le sujet par des Coréens et des Chinois, JCDecaux, qui se présente désormais comme le numéro un mondial du vélo en libre-service, profite aussi de cette image: "C'est un concept qui s'exporte", se félicite M. Asséraf. Le groupe, qui n'engrange plus que 29% de ses revenus en France (contre 41% en 2000), met le cap sur les marchés émergents. Dernière conquête : le Kazakhstan.

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Tout savoir sur Vélib'



10 648 vélos 10 648 vélos répartis dans 750 stations sont disponibles, y compris pour les mineurs à partir de 14 ans sur autorisation parentale.

Abonnement L'abonnement d'un an coûte 29 euros. Il est disponible à la pré-réservation sur internet et peut être couplé à la carte RATP Navigo. L'abonnement à la journée coûte 1 euro, celui à la semaine 5 euros. Les vélos sont libérés grâce à une carte magnétique : carte d'abonné à l'année, carte pour la journée ou la semaine payée à la borne par carte bancaire.

Numéro d'assistance Un numéro d'information (01 30 79 79 30) fonctionne de 9 à 19 heures (sauf dimanche).

Première demi-heure gratuite La première demi-heure est gratuite quel que soit le mode d'abonnement. Puis, c'est un euro pour une demi-heure supplémentaire. A partir de deux heures, la demi-heure supplémentaire coûte deux euros. A partir de la 3ème heure, quatre euros la demi-heure. Au-delà de 30 minutes, le coût est débité sur le compte Vélib' (abonnement 1 an) ou sur le compte bancaire (abonnement court). Les abonnés à l'année peuvent créditer leur compte par carte bancaire à une borne, par internet ou par téléphone. On peut, avant que les trente minutes ne soient écoulées, raccrocher son vélo à une borne et repartir gratuitement pour une demi-heure supplémentaire, et ce, indéfiniment.

Restitution du vélo Les stations sont distantes de 300 mètres en moyenne. Si une station est complète, la borne de paiement accorde un quart d'heure gratuit supplémentaire pour se rendre à la station la plus proche. Le vélo peut être restitué à n'importe quelle borne.

Pénalités de retard Si l'utilisateur à la journée ou à la semaine, dont la borne a enregistré les coordonnées bancaires, n'a pas rendu son vélo dans les temps, il lui en coûte 150 euros. L'abonné à l'année a fourni une caution de 150 euros, encaissée en cas de non restitution du vélo. La perte de l'antivol coûte 10 euros, le vol du vélo avec plainte 35 euros.

Pas de siège pour bébés Il n'y a pas de sièges bébés, pas d'abonnements spécifiques pour familles nombreuses.

Casque conseillé Le casque n'est pas fourni par mesure d'hygiène mais son port conseillé. Une assurance multirisque habitation suffit.

Assistance et maintenance La régulation des vélos, des stations pleines dans les stations vides, se fait grâce à 20 véhicules propres. L'entretien des vélos est assuré par 10 véhicules électriques.
Les agents de maintenance se déplacent avec 130 vélos à assistance électrique.
Une péniche, faisant 12 escales le long de la Seine avec à son bord un marinier et onze mécaniciens, récupère les vélos nécessitant une maintenance lourde.

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Les Lyonnais adorent



Deux ans après son lancement, Vélo'V, le vélo en libre-service à Lyon, a "changé le visage de la ville", au dire des Lyonnais, et son succès bouleverse les prévisions, au point que le fournisseur JC Decaux a été dépassé par les coûts d'entretien. De 10 000 à la mi-juillet 2005, le nombre d'abonnés au système Vélo'V (prononcer V-Love) a été multiplié par six en juillet 2007, preuve que le coup de foudre des Lyonnais s'est mué en véritable passion.
Une clientèle jeune (55% a moins de 30 ans), plutôt masculine (60%) et demeurant essentiellement à Lyon ou Villeurbanne (90%). Pour un tiers, des étudiants et des scolaires, les autres étant de "jeunes professionnels urbains", selon une étude réalisée fin 2006 par la communauté urbaine du Grand Lyon, initiateur de l'opération.

Defawe Philippe | Source LE MONITEUR.FR