LGV PACA: le gouvernement retient le tracé des métropoles par Marseille Toulon et Nice

François Perrier avec AFP | 29/06/2009 | 20:16 | Aménagement

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Tracé de la future ligne grande vitesse de la région Paca

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a annoncé hier le choix du gouvernement pour la future ligne à grande vitesse en Provence-Côte d'Azur. Le projet Sud par Marseille, Toulon et Nice est retenu. La phase d'études va être lancée par RFF. La ligne devrait être réalisée à l'horizon 2020.

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a retenu le tracé sud, dit "des métropoles", passant par Marseille, Toulon et Nice pour le projet de la ligne grande vitesse du sud-est de la France (LGV PACA). Il l'annoncé lundi 29 juin dans un communiqué. La décision était très attendue par les élus du Sud-Est, divisés sur la question alors que deux tracés étaient en concurrence. Le tracé sud l'a ainsi emporté sur le tracé nord, qui évitait Marseille et Toulon en suivant l'A8 et traversait le Haut-Var jusqu'à Nice.
En février dernier, Jean-Louis Borloo avait annoncé que la décision sur le tracé définitif serait prise "au 30 juin". Il avait jugé "vital" de réaliser la LGV qui doit mettre Paris à quatre heures de Nice à l'horizon 2020 contre cinq heures et demie actuellement. Le coût du tracé sud a été évalué à environ 15 milliards d'euros. Le second tracé était moins onéreux, mais il ne desservait pas les grandes métropoles régionales et devait longer le massif Sainte-Victoire. Certains élus avaient estimé qu'il aurait défiguré cette montagne aixoise rendue célèbre par Cézanne.

"Réalisation avant 2020"

La décision sur le tracé à été prise sur la base d'un rapport remis à Jean-Louis Borloo et au secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau par Yves Cousquer, ingénieur général des Ponts et chaussées, chargé de trouver un compromis en concertation avec les élus régionaux. "Le scénario Métropoles du Sud desservant les agglomérations d'Aix-en-Provence, Marseille, Toulon et Nice est le mieux adapté", écrivent les deux ministres dans une lettre aux élus locaux. "Il fait l'objet de l'accord des parties prenantes" et doit en conséquence "être retenu".
Conformément aux engagements du Grenelle de l'environnement, nous confirmons donc le lancement de la réalisation de ce projet avant 2020", relèvent MM. Borloo et Bussereau.
La LGV PACA "s'inscrira dans un projet d'amélioration globale de la desserte ferroviaire" de Marseille, Toulon et Nice, "comprenant son insertion dans le réseau européen à grande vitesse et le développement des services TER intra-régionaux". Des études complémentaires doivent "préciser les enjeux et les conditions de réalisation d'un prolongement de la ligne nouvelle vers l'Italie". Le projet "empruntera les lignes ou emprises existantes". A défaut, "les solutions d'enfouissement seront massivement privilégiées pour protéger les riverains, la biodiversité, les espaces remarquables ainsi que les exploitations agricoles et viticoles", assure le gouvernement.
Jean-Louis Borloo a demandé à Réseau ferré de France (RFF), propriétaire du réseau national, de présenter le projet à un prochain conseil d'administration et d'"engager la phase d'études conduisant au lancement de l'enquête d'utilité publique".

"Gare souterraine à Marseille"

Dans la région, les premiers élus à réagir favorablement ont été le maire de Nice, ministre de l'Industrie, Christian Estrosi et le président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti. Les élus du Pays d'Aix, quant à eux, soulignent une évaluation financière du rapport du médiateur. Yves Cousquer estime qu'"à l'horizon 2040 la différence de coût total se réduit à environ un milliard d'euros entre les deux tracés". Ils se disent particulièrement heureux d'avoir lu aussi dans le rapport de M. Cousquer que "le tracé Nord déstructure fortement le vignoble" et qu'une gare souterraine à Marseille Saint-Charles soit "le meilleur choix possible afin de répondre au développement des déplacements ferroviaires", quitte à réduire la vitesse pour la traversée de Marseille afin de contenir les coûts d'investissements.

Le tracé de la LGV avait fait l'objet de nombreuses controverses (voir articles ci-contre) parfois très vives, et d'effets d'annonces contradictoires. C'est ce qui avait décidé le ministre à charger Yves Cousquer d'un rapport. La décision devait être annoncée avant le 30 juin. Promesse tenue.

François Perrier avec AFP | Source LE MONITEUR.FR