Aménagement

Concertation : les Français disent «oui, mais…»

Le premier «baromètre de la concertation» (1) dresse un état des lieux inédit sur la démocratie participative. Constat : les français accueillent favorablement ces démarches mais restent mitigés quant à leur impact sur la prise de décision finale.

 

Lancé à l’initiative du cabinet de conseil Res Publica et réalisé par Harris Interactive, le premier «baromètre de la concertation» (résultats complets disponibles ici : http://www.respublica-conseil.fr/Barometre-de-la-concertation.html) fait le point sur ce que pensent les Français de la démocratie au quotidien. Une question centrale notamment en matière d’aménagement. «Nous avons voulu faire cela d’abord par curiosité», explique Marie-Catherine Bernard, co-fondatrice de Res Publica. «Pour confirmer ou infirmer nos intuitions».  Et pour combler un manque béant d’information sur le sujet. Comment les citoyens perçoivent-ils la démocratie participative? Que recouvre-t-elle pour eux? Quelle expérience en ont-ils dans leur commune? Le questionnaire a l’avantage de lier démocratie participative et prise de décision.

 

«Faire croire qu’on les écoute tout en décidant sans eux»

 

Près de deux tiers des sondés déclarent avoir déjà entendu parler de démocratie participative. Elle est perçue comme positive (une «très bonne» ou «assez bonne» chose pour 90%) et son effet premier est d’associer les citoyens à la vie locale (82%). Cependant, d’autres objectifs plus ambigus, comme «augmenter l’adhésion des citoyens à des décisions déjà prises» (67%) ou «faire croire qu’on les écoute tout en décidant sans eux» (66%) sont aussi retenus avec vigueur. L’idée que ces démarches ralentissent les processus de décision reçoit également l’aval d’un bon tiers des interrogés (37%). 

En  ce qui concerne la connaissance des contenus, le questionnaire met en exergue un fait intéressant: si les habitants ont vent de diverses actions menées par la mairie (débats, conseil de quartiers, de la jeunesse…) ils ne les rassemblent pas sous le vocable de démocratie participative. On passe ainsi de un tiers à deux tiers ayant entendu parler de ces démarches dans leur commune, avant et après clarification du terme. Les démarches les plus rencontrées sont en lien avec l’urbanisme (48%) et la vie de quartier (46%).

 

Une participation faible mais enrichissante

 

Plus cruciale est la question de la participation: qui participe ou non, pour quelles raisons, et comment cette participation est-elle vécue? 29% des interrogés déclarent avoir participé à au moins une démarche de démocratie participative.

Pourquoi ne pas participer ? Par manque de temps et parce que domine le sentiment que «les décisions sont déjà prises et que la démarche se réduit à de la communication». Notons qu’une personne sur dix se considère incompétente, ne se sent pas à l’aise pour prendre la parole ou n’est pas intéressée. A contrario, ceux qui participent le font par intérêt direct pour la question (49%) ou pour être informé (40%). Viennent ensuite ceux qui veulent participer aux projets de la ville (39%). Après avoir participé, la perception est globalement positive: une grande majorité estime qu’elle a appris des choses (81%), a eu plaisir à débattre (66%), a pu exposer ses arguments (64%) et mieux comprendre comment se prennent les décisions (64%). Mais même à ce stade, une bonne moitié (57%) reste convaincue que les décisions étaient prises avant la réunion.

 

Peu d’intérêt pour la gestion de l’eau et de l’énergie

 

La moitié des interrogés estime qu’il n’y a pas assez de démarches participatives et 80% qu’il faudrait les développer. 63% considèrent que les débats ne devraient pas se limiter aux grands projets. Les sujets de prédilection: transports/déplacements/ stationnement (45%), aménagement/ urbanisme (45%), sécurité (39%) et nuisances (33%). Viennent ensuite le logement, la propreté, la vie culturelle. L’intérêt est moindre pour la gestion de l’eau, de l’énergie et les espaces verts. Les interrogés participeraient plus si des comptes rendus étaient diffusés, et les lieux de réunion plus proches et accessibles.

 

 

 

(1) Réalisée en ligne du 29 juin au 6 juillet et 13 au 20 juillet 2011. Échantillon de 1370 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, résidant dans une commune d’au moins 3 500 habitants, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes: sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

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