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Les villes occupent 22% du territoire français

Adrien Pouthier | 30/08/2011 | 14:26 | Aménagement

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Nantes

C'est le long des littoraux atlantique (ici Nantes) et méditerranéen, mais aussi dans les régions alpines que l'urbanisation a surtout progressé.

Une étude de l’Insee publiée le 25 août montre qu’en dix ans, la superficie de l’espace urbain en métropole a progressé de 19%. Les villes occupent désormais 22% du territoire et abritent 47,9 millions d’habitants, soit 77,5% de la population.

La France n'avait pas connu cela depuis la fin des années 60 : en 10 ans entre 1999 et 2010, la surface du territoire urbain s’est accrue de 19 %, passant de 100.000 à 119.000 km². Désormais, affirme l'Insee dans une étude intitulée Le découpage en unités urbaines de 2010 , 21,8 %, près d'un quart, du territoire métropolitain est urbain.

Parmi les 36.570 communes de France métropolitaine, 7.227 sont urbaines en 2010 (29.343 sont rurales), - c’est-à-dire appartenant à une unité urbaine 1. 1 052 sont des villes isolées (elles composent à elles seules une unité urbaine) ; 6 175 sont regroupées en unités urbaines multicommunales ou agglomérations. 

La ville s'étend et "absorbe des habitants"

Aujourd'hui (chiffres du recensement de 2007) 47,9 millions d’habitants vivent en espace urbain, soit 77,5 % de la population métropolitaine (de son côté, l’espace rural, qui regroupe davantage de communes (29 343, contre 7 227), n’abrite que 22,5 % de la population). Une progression de 2 points (75,5 %) par rapport à 1999.

Comme la croissance démographique dans les territoires urbains de 1999, et qui le sont toujours, n'a été que de 4,3 %, contre 5,6 % pour l’ensemble du territoire, c'est bien l’absorption dans l’espace urbain d’anciennes communes rurales qui explique cette progression du pourcentage d'habitants des villes. Ainsi 1.368 communes rurales en 1999 sont devenues urbaines. (L'inverse existe aussi mais est beaucoup plus rare : 100 unités urbaines seulement sont devenues rurales depuis 1999)

Que ce soit par l’agrandissement d’agglomérations existantes ou par l’apparition de nouvelles villes isolées, c’est la superficie des petites unités urbaines (moins de 10 000 habitants) qui a le plus augmenté (+ 9 700 km² entre 1999 et 2010). À elles seules, elles expliquent plus de la moitié de la croissance de l’espace urbain, alors que seulement 16 % de la population urbaine y vit.

La croissance du territoire urbain s’observe donc surtout dans la partie la moins dense de l’espace urbain  et plus particulièrement sous la forme d’unités urbaines multicommunales. En effet, la création de villes isolées ne représente qu’un quart de la croissance des petites unités urbaines.

L'étalement urbain fait baisser la densité de population

Paradoxe, la densité de population, 400 habitants au km² en moyenne dans l’espace urbain en 1999, diminue depuis la fin des années 1960- on comptait 600 habitants au km2 jusqu'en 1962. Principal responsable de ce phénomène, l’étalement urbain, qui se matérialise souvent par les constructions le long des routes et peut aboutir à l’apparition de zones de bâti continu avec des communes voisines, et l’adjonction à une unité urbaine.

 

 

 

Adrien Pouthier | Source LE MONITEUR.FR

1 Une unité urbaine est un ensemble de communes sur lequel on trouve une zone de bâti continu, c’est-à-dire un espace au sein duquel il n’y a pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions et dans lequel résident au moins 2 000 habitants.