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Un quartier de Blois bientôt rasé pour prévenir les risques d’inondation

AP | 04/03/2010 | 16:57 | Aménagement

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Le secteur de la Bouillie à Blois

Pour prévenir les inondations en cas de crues de la Loire, tout un quartier de Blois situé en zone inondable doit être rasé et ses 500 habitants partis avant 2018 afin de restaurer un déversoir destiné à décongestionner le fleuve en cas de montée des eaux.

De simples cabanes en pavillons modestes, le quartier de la Bouillie situé sur le site d'un déversoir aménagé au XVIe siècle, s'est construit sans autorisation au fil des ans, après la grande crue de 1907. On a dénombré 135 maisons avec ou sans étage et 14 locaux d'activités. Mais il a été démontré que ces constructions constituent, en cas de crues, un obstacle au passage de l'eau et une menace pour les habitants de la Bouillie mais également pour ceux du quartier tout proche de Vienne (5.000 personnes), selon la communauté d'agglomération.

Déversoir

Ce déversoir constitue en effet un des systèmes de défense de la ville de Blois puisqu'il doit permettre de limiter le débit de l'eau en cas de crue. Cependant, 80 % de la surface utile au passage de l'eau sont actuellement obstrués par les bâtiments. Il convient donc de redonner sa vocation première au déversoir et de soustraire les habitants implantés dans le chenal de décharge de la Bouillie à un risque dangereux d'inondation. "Si le déversoir ne fonctionne pas, il peut y avoir accumulation d'eau et disparition de Bouillie, pression sur les digues qui protègent le quartier Vienne et risque de les voir céder", a expliqué à l'AFP, Christophe Degruelle, président de la communauté d'agglomération et adjoint au maire.

ZAD

A la demande de l'État (juillet 2002), la Communauté d'Agglomération de Blois a mis en place une Zone d'Aménagement Différé dans le déversoir. Cet outil juridique, arrêté par le Préfet de Loir-et-Cher le 6 octobre 2003 créé un droit de préemption qui positionne la Communauté d'Agglomération comme acquéreur prioritaire dans toutes les transactions immobilières du secteur. Afin de protéger ses habitants, Agglopolys a donc poursuivi l'acquisition des maisons et terrains dans ce secteur et a procédé à des démolitions.
Beaucoup ont vendu, mais une trentaine d'irréductibles refusent de partir.
Rendu à sa fonction initiale, le déversoir de la Bouillie pourrait abriter une activité -maraîchère-, compatible avec le risque de crue. Lors de la crue centennale en 1907, le plus grand fleuve de France avait envahi le quartier sur un mètre de hauteur.
Le coût de l'opération s'élève à 25 millions d'euros. Pour Christophe Degruelle, "il faut le mettre en parallèle avec le coût potentiel d'un quartier détruit par les eaux. Et il s'agit de sécuriser plus de 5.000 personnes".