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Après Xynthia : la construction en zone inondable pointée du doigt

LeMoniteur.fr | 01/03/2010 | 11:54 | Aménagement

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La Faute-sur-Mer dimanche 28 février, après le passage de Xynthia

La conjonction de la tempête Xynthia, accompagnée de vents violents, et de marées à forts coefficients a, par endroits, provoqué une montée des eaux de 3 m qui a débordé les digues. Le bilan provisoire s’établissait lundi 1er mars à 50 morts, principalement en Vendée et en Charente.

Il faut "durcir les règles" de construction dans les zones inondables et derrière les digues, a estimé lundi 1er mars la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno. "Je suis pour durcir les règles, il y a des zones où on ne peut absolument pas construire", a-t-elle insisté, interrogée sur i-TELE: "Il ne faut pas construire dans des zones qui sont derrière des digues, surtout quand elles sont encaissées entre une voie ferrée et une digue". "On est constamment accusé de vouloir mettre sous cloche, d'empêcher les constructions", a-t-elle ajouté. "Mais on subit des pressions, c'est clair".

Arrêté de catastophe naturelle

De son côté, Nicolas Sarkozy en déplacement à l'Aiguillon-sur-Mer (Vendée), a présenté une série de mesures d'aide dont le déblocage de 3 millions d'euros pour faire face aux dépenses immédiates des victimes de la tempête Xynthia, "un drame inacceptable et incompréhensible".
L'arrêté de catastrophe naturelle sera signé dès le mardi 2 mars, au surlendemain de la tempête qui a balayé l'ouest de la France dimanche. "Nous devons faire de toute urgence la lumière sur ce drame inacceptable et incompréhensible", a-t-il déclaré, lors d'une table ronde à la préfecture de La Rochelle, avec les élus locaux et les services de l'Etat.
Selon lui, "il faut qu'on s'interroge pour savoir comment en France, au XXIe siècle, des familles peuvent être surprises dans leur sommeil, mourir noyées dans leur maison". Alors que la question des constructions littorales a commencé à être reposée après les inondations de maisons de bord de mer, le président a assuré qu'"on ne peut pas transiger avec la sécurité".

Zones inondables

Depuis 1999, 100.000 logements ont été construits en zone inondable sur l'ensemble de la France.
"La réflexion va être engagée sur le plan de l'urbanisme pour qu'une catastrophe de cette nature ne se reproduise plus", a-t-il affirmé devant la presse, à La Rochelle. "On a assez peu de temps, personne ne nous pardonnerait de continuer comme avant", a-t-il ajouté.
Le président de la République a chargé Jean-Louis Borloo (Ecologie), qui l'accompagnait, d'un "plan digues" sur lequel le ministre "va travailler dès maintenant". La France compte près de 10.000 km de digues dont 1.000 à risque.

FOCUS

La Faute-sur-Mer, une zone sensible gagnée sur la mer

Une étude menée récemment par la DDE de Vendée considère la commune de la Faute-sur-Mer, durement frappée par la tempête Xynthia, comme une zone sensible construite "sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque".
La Faute-sur-Mer est en partie située sur une presqu'île bordée par la mer d'un côté et l'estuaire du Lay de l'autre.
Selon l'étude présentée en octobre 2008 aux journées du Génie côtier à Nice par Stéphane Raison (Direction départementale de l'Equipement de la Vendée), "la conjonction de deux phénomènes, de crue dans l'estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l'arrière d'un réseau de digues vieillissant".

Les digues en cause ?

Le réseau de digues avait été construit après les grandes tempêtes de 1926 et 1929, le long de l'estuaire du Lay, pour protéger la presqu'île. "Plus de 3.000 maisons sont construites derrière ces digues en terre (..) 40.000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes", prévenait la DDE. Les digues ne seraient toutefois pas directement en cause dans la catastrophe du week-end, selon certains témoignages recueillis sur place. "Il n'y a aucun souci avec les digues" et "les digues ont résisté", a affirmé Patrick Maslin, adjoint au maire de la Faute-sur-Mer. Pour l'élu, l'eau est venue de la mer "par la pointe d'Arçay" et ses dunes, a-t-il poursuivi. "Jusqu'à maintenant l'eau n'était jamais venue par là".

Urbanisation

Françoise Babin, autre adjointe, avance de son côté que les inondations mortelles s'expliquent avant tout par une "énorme vague qui est passée au dessus de la digue".
Les deux élus se sont défendus contre le soupçon d'une urbanisation à outrance dans ces zones très basses par rapport au niveau de la mer.  "Les constructions sur la commune sont toujours maîtrisées et réalisées dans les règles de l'art. On a construit un peu, pas à outrance", a déclaré Françoise Babin.
Depuis juin 2007, un plan de prévention des risques d'inondations (PPRI) a institué une zone de 50 mètres non constructible à partir de la digue, a-t-elle précisé.
Cette zone comprend toutefois des habitations construites antérieurement à 2007, dont certaines en dessous de 2 mètres du niveau de la mer, selon Mme Babin.

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Vos réactions

  • Anonyme | 02/03/2010 - 11:20

    Commentaire N'est-ce pas le même Président qui clamait qu'il fallait s'affranchir des rêgles et construire en zone innondable... sur pilotis?

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