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Ville 3000 : Lille donne « carte blanche » à trois urbanistes

Maxime Bitter, bureau de Lille du Moniteur | 12/06/2009 | 12:07 | Aménagement

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Lille vue par KCAP

Djamel Klouche d’AUC, Kees Christiaanse de KCAP et Frédéric Bonnet d’Obras, présentent, ce vendredi, au sein d’une halle de l’ancienne gare Saint-Sauveur réaménagée pour les festivités de Lille 3000, leurs études sur l’avenir de trois friches urbaines au cœur de la métropole nordiste, soit trois fois 20 hectares de foncier en cœur ou en proximité du centre ville : l’ensemble du site Saint-Sauveur; une partie du port de Lille et le quartier des Bois blancs.

La commande, une "carte blanche" aux urbanistes pour imaginer sur ces sites la ville du XXIe siècle, permettra de nourrir le cahier des charges qui accompagnera les marchés de définition à venir. Cette liberté, les urbanistes en ont usé, d'abord en dépassant les limites du périmètre des sites, pour penser leur intégration dans la ville. Affranchis de la production de plans masses simplificateurs, ils proposent aux élus lillois de se poser les bonnes questions, comme l'ambition qu'ils ont pour la métropole et ses conséquences sur les quartiers.
Fabienne Duwez, directrice de la Soreli, la Sem d'aménagement de nombreux quartiers lillois, confirme que l'essentiel de ce travail, et de ce qui suivra, "permettra de poser les bonnes questions, le moment venu, aux urbanistes qui travailleront sur les sites". Elle constate que "tous ont proposé de changer d'échelle, pour que Lille assume sa place de métropole, de capitale régionale, et que ces quartiers puissent être des vecteurs du changement d'image". Ils ont également partagé le constat de ne pas "remplir l'ensemble des sites. Ils nous disent : n'ayez pas peur du vide". Enfin, autre point commun aux trois équipes, "la limite du périmètre des opérations qu'il serait illusoire de figer". Tous estiment important pour leur intégration d'élargir le périmètre d'intervention aux fragments des quartiers environnants.
La vision des urbanistes est de "passer d'une représentation de la ville centre, bordée 'd'euraprojets' à une vision multipolaire appuyée sur une structure géographique et de grandes respirations".

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Lille vue par Obras

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Lille vue par AUC

FOCUS

Trois équipes, trois visions

KCAP

L'agence néerlandaise KCAP représentée par Kees Christiaanse fait le rapprochement entre le développement des sites de l'étude avec tous ceux développés récemment à la périphérie de la ville comme Euralille, bois habité, porte de Valenciennes, Porte des Postes, Lille Sud, Citadelle, Eurasanté, Euratechnologies... tous le long de la ceinture périphérique de la ville centre. Il convient donc de les lier "physiquement et fonctionnellement". Pour cela, ils inventent l'Extraring, la ceinture urbaine de Lille que Saint-Sauveur, Bois Blancs et Port de Lille viendrait compléter. Cette ceinture "permet une extension majeure de Lille, tout en épargnant une surcharge en nouveau programme du centre ancien. Il constitue également un nouvel élément de qualité de vie pour une ville aux frontières repoussées." Ils mettent l'accent sur une particularité des infrastructures routières lilloises: l'absence de ceinture périphérique à l'Ouest. "Une chance unique pour permettre à la ville de s'étendre de façon naturelle, faite de connections souples et nombreuses où l'extraring devient un espace poreux, au fil de l'eau, et où Lille se confond avec Lomme et Lambersart". Les Néerlandais ne se contentent pas de la périphérie. Ils regardent la ville centre et estiment nécessaire une "boucle" intérieure regroupant quatre boulevards (Liberté, Victor Hugo, Montebello et Vauban), où l'intraring en est la clef ! Un nouvel anneau "favorable aux piétons, et aux cyclistes par ses 5 km de longueur, et secondé par un réseau de transports en commun".

Obras

L'équipe d'Obras, représentée par Frédéric Bonnet, a également tenté de radicaliser le propos. Pour l'urbaniste, les trois sites "sont l'occasion : de renforcer la ville centre, encore déséquilibrée dans sa partie historique et ses gares, au nord ; de diversifier ses usages ; de retraiter certains de ses axes internes. Bref, d'utiliser les trois sites pour nouer la partie la plus dense et la plus attractive de la métropole, et la rendre encore plus dense et attractive". C'est ainsi que pour Obras, "la couronne et les avenues ont ici un rôle majeur". Deux autres hypothèses sont étudiées, mais n'ont pas leur faveur. Celle du réseau de pôles répartis sur l'ensemble de la métropole, au même titre que l'Union ou les Euras. Enfin, un modèle de développement résolument métropolitain, où chacun des sites serait "une déclinaison urbaine centrale de séquences beaucoup plus large, génériques.

AUC

Pour AUC, Djamel Klouche et son équipe ont d'abord voulu rappeler le positionnement de Lille dans l'Eurocore, le cœur urbain européen allant de Lille jusqu'à Dortmund et constituant la troisième région du monde. En France, les urbanistes rappellent l'échelle métropolitaine de la ville. "Cette dynamique, expliquent-ils, passe aussi par des projets urbains et architecturaux audacieux les mettant à l'avant-garde de l'Europe." Ils rappellent dans ce contexte l'importance d'Euralille, le "premier symptôme métropolitain". Ils proposent enfin, pour les trois sites en question et en ajoutant le site de Fives Cail Babcock sur lequel travaille AUC, et Euralille, un "climat lillois, 100% métropolitain et 100% délicat". Tout projet doit donc s'assumer intégralement métropolitain, donc dense, de grande qualité architecturale et emblématique. Mais ce projet devra savoir être "intégralement et radicalement délicat envers les choses qui existent, envers les gens qui vont se l'approprier". Un modèle de densité à inventer pour Lille. AUC met également le doigt sur deux quartiers qu'il conviendrait de retravailler : le quartier administratif dessinant le lien entre la gare Flandres et l'îlot Saint-Sauveur ; et le corridor diagonal dessiné par le boulevard de la Liberté et la rue de Solferino, reliant la gare Saint-Sauveur à la Citadelle.

Maxime Bitter, bureau de Lille du Moniteur | Source LE MONITEUR.FR