Réalisations

Un Printemps baroque à Strasbourg

Mots clés :

Produits et matériaux

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Urbanisme - aménagement urbain

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Architecte

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Gros oeuvre

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Établissement recevant du public (ERP) ou assimilé

Dans la façade de verre et d’aluminium anodisé qui enveloppe le grand magasin Printemps, inauguré début avril à Strasbourg, l’architecte designer Christian Biecher livre sa lecture de l’urbanisme de la capitale alsacienne.

« Entre les colombages de la Petite France, la flèche de la cathédrale et les constructions néo-classiques du quartier allemand, Strasbourg présente un espace très rythmé. Je l’ai décliné dans ce projet. » Pour sa première œuvre dans son Alsace natale, Christian Biecher ajoute sa note au concert urbain de la capitale régionale : celle d’un amoureux des drapés, lecteur assidu du « pli » du philosophe Gilles Deleuze. Nulle part ailleurs dans Strasbourg, l’enrichissement rythmique revendiqué par l’architecte ne se justifie d’avantage que sur le site du Printemps avant sa métamorphose : un îlot hétéroclite et sans style, entre le complexe commercial des Halles et la place Kléber.

 

Cohérence dans l’hétérogène

 

Au droit de la principale station du réseau de tram de l’agglomération, face à la tour Valentin Sorg construite après-guerre par Charles-Gustave Stoskopf, « les Strasbourgeois ont toujours regardé le Printemps dans la souffrance », estime l’ancien élève de l’école d’architecture de Paris-Belleville. Son idée d’« apporter de la cohérence dans l’hétérogène » se prolonge dans le clin d’œil personnel adressé à son ex-professeur Guy Clapot, décédé prématurément fin 2010 : au disque vert dessiné par ce dernier pour coiffer la station Homme de fer du tram, répond le drapé baroque de la nouvelle façade couleur champagne. Les clients de l’enseigne peuvent admirer l’anneau de Clapot lors de leurs déplacements dans les escalators. Ces mouvements capteront les regards immobiles des voyageurs attendant leur tram, à travers les échancrures du mur d’aluminium et de verre.

L’architecte designer se plaît à rappeler la réaction spontanée des dirigeants du Printemps, lors de la présentation de ses premières esquisses en 2009 : « On dirait du Issey Miyake » ! Quel plus bel hommage imaginer que cette référence au couturier japonais dont Christian Biecher a réalisé le siège social à Tokyo ? Dès 2006, le distributeur de produits de mode avait découvert le savoir-faire de l’architecte français dans les façades alu des grands magasins, lors d’une visite de l’enseigne Harvey Nichols, déployée sur cinq niveaux dans la Queen’s Road de Hong-Kong. Le contact noué alors aboutira le 5 avril 2013 à l’inauguration du magasin rénové de Strasbourg.

 

 

Casse-têtes chinois

 

Après la pose du diagnostic et la présentation des esquisses, le concepteur a pu compter sur la complicité des élus, sur les compétences du bureau d’études Arcora et sur sa propre ardeur pour défendre ses idées, face à des associations puissantes dont celle des Amis du Vieux Strasbourg. L’étape suivante du chemin de croix a commencé après le dépôt du permis de construire : « Seul un sourcing mondial a permis de retrouver la couleur et la texture de l’aluminium anodisé et martelé, finalement obtenus par un fabricant du Royaume-Uni », raconte Christian Biecher. Dans ses ateliers de Souffelweyersheim (Nord de Strasbourg), le serrurier Bluntzer, sous-traitant de Hefi-Fischer, mandataire de la façade, a également versé sa part de sueur et de larmes, avant de finaliser les nœuds de la structure métallique. Jusqu’au début de cette année, la gestion de la mitoyenneté entre la nouvelle enveloppe et les lignes de tram s’apparente à un casse-tête chinois.

Pour mettre en cohérence son œuvre avec l’aménagement intérieur piloté par le Printemps sur 12500 m2 dont 7500 m2 de surfaces de ventes, dans un ensemble immobilier issu de trois bâtiments, Christian Biecher a bénéficié d’un atout maître : l’entreprise générale du groupe Bouygues Construction, mandataire du marché de 15,3 millions d’euros HT. « Pertuy s’est défoncé sur ce projet. Sa prestation atteint une qualité comparable à ce que j’ai trouvé au Japon », estime l’enfant prodigue de l’architecture alsacienne.

 

Plus d’informations sur cette opération à lire en rubrique « Technique & Chantier » dans le « Moniteur » n°5706 daté du 5 avril 2013, pp. 28-30.

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  • ANTOINE DAUDR - Le

    Pensée unique

    Beaaaarrk ! quelle vilaine masse sans esprit ni élégance… seule la prétention de l’architecte s’impose dans ce gros tas informe et sans grâce… ! Tant qu’il y aura des esprits à l’intelligence oh combien supérieure à la mienne pour vanter l’excellence de cette chose…..!!
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