Aménagement

Bimby, remède miracle pour densifier le pavillonnaire?

Piloté par le CETE Normandie Centre et le CETE Ile-de-France, le projet de recherche Bimby s’est penché de 2009 à 2012 sur la faible densité des quartiers pavillonnaires. Un des moyens proposés pour y remédier: accélérer la division parcellaire, pour construire plus tout en respectant la faveur des Français pour la maison individuelle.


Par cet acronyme, les inventeurs de Bimby, ou «Build in my backyard», tordent le cou au syndrome Nimby, «Not In my backyard». Ce dernier désigne le rejet par les riverains de tout projet public générateur de nuisances, dès qu’il s’installe trop près de chez eux (décharge, station d’épuration, éoliennes…).

A l’inverse, «bâtir dans les arrière-cours» pourrait réconcilier intérêt général et intérêts particuliers, argumentent les architectes David Miet et Benoît Le Foll. L’idée leur est venue alors qu’ils étaient étudiants, en réponse à la question: comment construire plus, sans provoquer d’étalement urbain ?

Leur observation a été triple: primo, l’habitat collectif, solution privilégiée pour densifier la ville, est loin de séduire la plupart des gens. Secondo, la filière de la maison individuelle produit chaque année trois fois plus de logements. Tertio, construire dans son jardin pourrait répondre à des projets de vie (personnes âgées n’ayant plus les moyens d’entretenir leur terrain, parents souhaitant aider leurs enfants à accéder au logement, ménages cherchant à acquérir une maison à moindre coût…). De là, la réponse a semblé évidente: il faut faciliter la division parcellaire, pour construire plus, dans ces quartiers déjà urbanisés.


190 000 logements à prix réduit


Financée par l’Agence nationale de la recherche de 2009 à 2012 (voir les partenaires ci-dessous), l’idée s’est depuis étoffée. 120 entretiens auprès de ménages ayant déjà procédé à des divisions/constructions ont permis de mieux cerner l’offre et la demande. En parallèle, la réflexion s’est poursuivie sur les filières de production de logement, l’argumentaire se construisant de plus en plus autour du nombre de logements que Bimby pourrait toucher (voir la vidéo, ou la présentation Powerpoint ). «Si l’on agit sur 1 % des 19 millions de maisons individuelles, on peut en produire 190 000 nouvelles, se réjouit David Miet. Et à prix réduit, car on évite les coûts intermédiaires (portage foncier, commercialisation) qui gonflent le prix de sortie des logements».

 

La voie de l’expérimentation

 

Reste à mettre en oeuvre cette filière courte. Une douzaine d’acteurs l’expérimentent à l’heure actuelle. Certains se concentrent sur l’aspect recherche, en réfléchissant à l’identité des quartiers pavillonnaires. Dans l’Eure, sous l’impulsion du CAUE, trois agences d’architectes/urbanistes se penchent ainsi sur quatre communes (Pont-Audemer, Heudebouville, Les Andelys, Saint-Aquilin-de-Pacy) pour amorcer une réflexion collective sur l’identité et l’avenir de certains quartiers.

D’autres communes, comme Le Tremblay-sur-Mauldre (Yvelines) ont déjà identifié des terrains et envisagent d’adapter leur plan local d’urbanisme (PLU) pour faciliter les opérations.«Les PLU manquent de souplesse pour cela», confie David Miet. D’où la nécessité d’une ingénierie territoriale spécifique, pour conseiller les villes sur des «PLU spéciaux Bimby», qui coûteraient environ deux fois plus cher.

L’occasion aussi de proposer des scénarios-types aux communes, selon le tissu de chaque quartier, la forme des parcelles… D’un projet de recherche, Bimby deviendra-t-il une manne pour les consultants? La démarche permet en tout cas de relancer le débat et de sensibiliser les habitants à l’enjeu de densité, à l’échelle de leur quartier.

Retrouvez l’article sur Bimby et les témoignages de Michel Rousset, directeur du Caue de l’Eure et de Catherine Charpentier, responsable de l’urbanisme aux Essarts-le-Roi dans Le Moniteur n° 5687 du 23/11/2012.

Retrouvez les travaux et expérimentations liés à Bimby ici.

Focus

Les partenaires

Le projet Bimby a été sélectionné en 2009 par l’Agence nationale de la recherche dans le cadre de l’appel à projets « Villes Durables ».

Pilotes : CETE Normandie Centre (pilote) et CETE Ile-de-France (co-pilote).

Partenaires : Communauté d’agglomération Rouen Elbeuf Austreberthe (Crea), Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines (Casqy), Caue de l’Eure, École nationale supérieure d’architecture de Paris Belleville, Rouen et Marseille, Laboratoires de recherche LATTS (ENPC) et RIVES (ENTPE).

Budget : 3,1 millions d’euros sur 3 ans.

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