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Ateliers de création urbaine: les étudiants imaginent l’Ile-de-France de demain

A.Gillette | 13/07/2012 | 14:50 | Aménagement

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Grands ensembles et forêts - Université Paris Est Marne-la-Vallée

Une des propositions pour "les territoires sans projets" est de les structurer par une grande dorsale verte entre les aéroports Paris-Charles de Gaulle et Orly, à l'image de celle de l'ouest parisien. Ces espaces verts seraient des "territoires servants" où s'implantent toutes les infrastructures nécessaires à la gestion des eaux,  des déchets ou à la production d'énergie.

Pour la cinquième année consécutive, des étudiants réfléchissent à l’avenir de l’Ile-de-France dans le cadre des ateliers de création urbaine de la Région. Le thème de cette année, «Regards croisés sur l’Ile-de-France de 2030», leur a permis de laisser libre cours à leur créativité…

Concept

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Concept "Space Lib", des modules pour plus de mobilité dans le logement - ESA/ESSEC
Des modules d'au moins 25m² s'accrochent ou se décrochent d'une structure fixe, au gré des besoins. La proposition découple la gestion des emplacements de la structure de celle des modules, dont les usagers peuvent être propriétaires ou locataires.

Chaque année depuis 2007, des étudiants sont invités à répondre à une commande de la Région, en parallèle de la révision du Schéma directeur de la Région Île-de-France (SDRIF). L’objectif de ces ateliers? «Eclairer les travaux sur la révision du SDRIF et faire vivre la réflexion autour du Grand Paris», précise la Région. Après le tourisme en 2011, le thème plus transversal de cette année leur propose de porter un regard original sur le Grand Paris et l’avenir de la métropole francilienne.

 

Questions ouvertes, propositions iconoclastes


Que devient la ville si l’on modifie le système de la propriété individuelle? Quel avenir pour les «territoires sans projets», à l’écart des gares du Grand Paris? Comment rendre vivantes les cartes du SDRIF? Telles sont les questions auxquelles les étudiants ont réfléchi depuis 6 mois, avec une grande liberté de ton et d’esprit. Dans le rendu oral, rigueur et précision sur les montages sont pourtant attendus, avec une palette d’experts prêts à les cuisiner. Malgré beaucoup d’inventivité, les étudiants n’échappent pas aux idées en vogue (mixité, convertibilité, culte de l’éphémère), qui poussées à leur paroxysme offrent parfois des résultats... surprenants.

Le groupe mixte ESA/ESSEC (voir les écoles participantes ci-dessous) propose ainsi à l’habitant de demain d’acheter ou de louer des modules (environ 25 m² par personne) aux fonctions variées – appartement, atelier, bureau, laverie, à greffer ensuite tels des lego sur des bâtiments-troncs. On remplacerait ainsi la propriété privée et individuelle par des usages plus temporaires et collectifs. L’enjeu : assurer une mobilité maximale et l’accès à des activités variées pour tous. Le groupe des «territoires sans projets» (Université Paris Est Marne-la-Vallée) adopte quant à lui pleinement le principe de mixité. Dans l’est parisien (trois sites choisis en Seine-Saint-Denis et dans le Val de Marne), il faut mettre fin à l’exclusivité pavillonnaire, disent-ils. Ce territoire est résidentiel ? Rajoutez-y du télétravail. Celui-ci a des carrières en friche ? Ensevelissez-y un «datacenter troglodyte»! Le culte de l’éphémère transpire dans la plupart des projets, avec des «installations temporaires et modulables» à toutes les sauces. L’idée de «gares éphémères» est même évoquée. Plus sobres, des étudiants de l’ENSCI explorent les possibilités des outils cartographiques. Ils proposent une maquette pour modéliser les territoires en difficulté, une carte numérique pour synthétiser les données du SDRIF ou encore une carte interactive pour enregistrer la participation des usagers et regrouper leurs commentaires. A la fin de l’atelier, ces travaux ont été interprétés par une troupe de théâtre, ajoutant un caractère ludique à des présentations parfois un peu jargonneuses. Leur avenir? Alain Amédro, vice-président chargé de l’aménagement du territoire, de la coopération interrégionale et des contrats ruraux, souhaite les «capitaliser et les intégrer à la vision régionale». En attendant, ils seront, comme chaque année, compilés dans un petit ouvrage. 

 

Plus d'informations sur http://ateliers.iledefrance.fr/

 

FOCUS

Les universités et écoles participantes

Université Paris Est Marne-la-Vallée

Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de la Ville et des Territoires de Marne-la-Vallée (ENSAVT)

Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Belleville (ENSAPB)

Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales (ESSEC)

Ecole spéciale d’architecture (ESA)

Institut Français d’Urbanisme (IFU)

Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENCSI)

 

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