Paris prend de la hauteur

POUTHIER Adrien | 08/07/2008 | 16:16 | Etat et collectivités

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Sous l'impulsion de Bertrand Delanoë, le conseil de Paris a décidé mardi de lancer une étude pour permettre la construction d'immeubles de grande hauteur dépassant le plafond actuel de 37 mètres, au pourtour de la capitale.

"Citius, fortius et maxime altius".
"Plus vite, plus fort...et surtout plus haut".
Ce détournement de la devise olympique peut désormais résumer la politique urbaine de Paris des années à venir. Certes, en 2012, Paris n'aura pas les Jeux, mais la capitale verra peut-être se dresser de nouvelles tours d'habitation de plus de 37 mètres de hauteur dans 6 quartiers périphériques : Bercy-Charenton (XIIème), Masséna-Bruneseau (XIIIème), Porte de Versailles (XVème), Batignolles (XVIIème), Porte de la Chapelle (XVIIIème) et Porte de Montreuil (XXème). Le conseil de Paris a en effet décidé mardi 8 juillet de lancer une étude pour permettre la construction d'immeubles de grande hauteur grâce à la modification du plan local d'urbanisme (PLU) 2006. Un moyen pour Bertrand Delanoë qui porte le projet depuis longtemps, de régler à la fois le problème du logement à Paris et de donner à la capitale "le visage d'une ville plus dynamique".

27.000 logements
Le maire de Paris a donc plaidé mardi matin devant les élus municipaux pour faire prendre de la hauteur au pourtour de la capitale et faciliter ainsi la création de 27.000 logements neufs, l’objectif que s’est fixé M. Delanoë pour cette mandature. "L'enjeu c'est de trouver de la place, d'abord pour le logement" et pour cela, a-t-il affirmé, "nous ne pouvons pas nous interdire de regarder vers le haut."
L’autorisation lui a donc été donnée par sa majorité PS-PRG, PCF, MRC avec l’appui du groupe du Centre et indépendants. L'UMP et les Verts se sont prononcés contre cette décision. Mais pas pour les mêmes raisons.
L'UMP, elle, veut bien des immeubles de grande hauteur, mais pas de logements dans des tours de 50 mètres et plus. Elle demande que celles-ci soient réservées aux grands équipements et l'activité économique.
Côté Verts, même si Bertrand Delanoë a assuré que les immeubles de grande hauteur seraient réalisés "selon une démarche exemplaire de développement durable" et qu’il n’autoriserait des constructions au-delà de 37 m "que si elles sont parfaitement conformes au plan climat", on a aussi voté contre. Les troupes de Denis Baupin, adjoint au maire en charge du développement durable sont de toute façon opposées à toute construction de "tour". Ils critiquent une architecture énergivore et qui selon eux, ne fait pas gagner de densité.

Les Parisiens réticents
Le Conseil maintenant acquis, reste à séduire les Parisiens qui, comme l'a reconnu lui-même Bertrand Delanoë, sont plutôt contre les "tours". "Les Parisiens sont réticents devant l'idée même d'immeubles de très grande hauteur: les sondages le disent assez clairement. Mais le devoir d'un responsable public est de se laisser guider par le sens de l'intérêt général plutôt que par les sondages", a estimé le maire.
S’il n’y aura pas de référendum sur la question comme le demandent les Verts, Anne Hidalgo, adjointe PS à l'urbanisme, a tout de même annoncé qu'une "conférence citoyenne" de concertation avec les Parisiens serait lancée en janvier. Et "rien n'est ficelé", a-t-elle assuré indiquant que le Conseil se prononcerait sur chacun des sites retenus. Six projets situés aux portes de Paris que Bertrand Delanoë aimerait voir participer à créer une synergie avec les communes voisines. "Ce qui est en jeu, c'est le devenir de toute notre agglomération", a-t-il affirmé.


Adrien Pouthier

POUTHIER Adrien | Source LE MONITEUR.FR