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François Fillon nouvel adversaire de Bertrand Delanoë dans sa reconquête des voies sur berges

Adrien Pouthier | 13/01/2012 | 15:12 | Etat et collectivités

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Port de Solférino - Musée d'Orsay

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Le Premier ministre a porté jeudi 12 janvier un coup au projet de réaménagement des berges du maire de Paris en affirmant que l’Etat, propriétaire du site rive gauche, ne pouvait apporter sa caution « dans l’immédiat », du fait de « manquements » et « défauts » du projet. En toile de fond, la candidature de françois Fillon aux législatives à Paris se dessine.

Les opposants au projet de "piétonnisation" de la voie sur berge rive gauche à Paris viennent d'enregistrer un renfort de poids. Le Premier ministre François Fillon en personne, a, au nom de l'Etat, propriétaire des berges, mis un veto au projet. Dans un courrier au maire de Paris rendu public dès jeudi soir par l'AFP, M. Fillon annonce à M. Delanoë : "Dans l'immédiat, je vous informe que l'Etat n'entend pas signer de convention avec la ville de Paris, ou prendre toute décision relative aux travaux préparatoires prévisionnels". "La position de l'Etat ne consiste nullement à s'opposer de façon définitive aux projets de la ville mais à s'assurer de leur maturité effective" et, "en l'état (...), il ne me paraît pas possible que l'Etat accepte de passer sous silence les manquements et les défauts du projet d'aménagement", poursuit François Fillon.

Pour motiver cette décision, il se réfère tout particulièrement aux "réserves" émises par la commission d'enquête ayant rendu en octobre dernier un avis favorable. L'une d'elles est "relative à la réversibilité des aménagements et l'autre (à) la nécessité de préserver l'activité portuaire", fait-t-il valoir. Selon le chef du gouvernement, "s'il n'appartient pas à l'autorité publique de discuter de l'avis rendu par la commission", la "teneur" de certaines observations "interpelle".
S'agissant de la circulation automobile, "je souhaite que l'Etat puisse disposer d'une étude de la ville, précise et indiscutable, relative aux reports (...) envisageables", indique M. Fillon, qui évoque aussi les éventuelles "nuisances" liées à l'aménagement des rives. "Je tiens particulièrement à ce qu'elles puissent être anticipées, ce qui suppose de connaître la nature des aménagements", dit-il, après avoir signalé le classement des quais "au patrimoine mondial de l'humanité". "Naturellement, il ne s'agit pas de renoncer une fois pour toutes à donner un caractère piétonnier aux berges", signale-t-il encore. Mais "l'Etat, qui a la propriété des berges et la responsabilité des règles de circulation sur les axes structurants, doit assumer sa responsabilité", argue François Fillon.

 

Le maire outré, l'opposition municipale ravie

M. Delanoë a aussitôt dénoncé "un diktat du gouvernement", "inacceptable dans sa méthode, son contenu et son principe". Jugeant que le Premier ministre "feignait d'ignorer" que "l'ensemble des réserves et recommandations" du commissaire enquêteur sur ce projet "ont été prises en compte par la Ville", Bertrand Delanoë a estimé que M. Fillon candidat aux législatives en juin à Paris, "pose ici un acte partisan".
Président du groupe UMP au Conseil de Paris, Jean-François Lamour, par ailleurs chaud partisan d'une candidature Fillon pour les municipales de 2014 à Paris, s'est lui immédiatement réjoui de la décision. Le maire du VIIe arrondissement Rachida Dati s'est aussi "félicité" de cette "suspension" qui "conduira au réexamen de ce projet dans le cadre plus adapté du Grand Paris".
  
  

FOCUS

La lettre de réponse de Bertrand Delanoë

Le maire de Paris a adressé vendredi 13 janvier une réponse à la décision du Premier ministre de ne pas signer de convention avec la Ville : "Vous avez pris cette décision sans aucun échange préalable avec la Ville en balayant 18 mois de procédures d'autorisation conclues par un avis favorable d'une commission d'enquête indépendante et, surtout, en vous appuyant sur des arguments erronés démentis par vos propres service ministériels", écrit notamment le maire de Paris.

Lire la lettre de Bertrand Delanoë

Adrien Pouthier | Source LE MONITEUR.FR

 

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