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La Société du Grand Paris invitée à justifier ses hypothèses

Adrien Pouthier | 30/08/2010 | 16:30 | Etat et collectivités

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Schéma de principe du nouveau réseau de transport de Paris Région Capitale

L’autorité environnementale du Conseil général de l’environnement et du développement durable (AE) demande à la Société du Grand Paris (SGP) chargée de réaliser une « double boucle » de métro automatique autour de la capitale d’expliquer notamment la différence entre ses projections démographiques et celles de l’Insee.

Dans un avis mis en ligne vendredi 27 août, l'Autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable (AE) qui devait légalement se prononcer sur l'évaluation environnementale présentée par la Société du Grand Paris, estime qu'elle est "très détaillée" et "anticipe souvent sur l'évaluation future des projets de construction des lignes" (155 km).
Le programme en question concerne "la réalisation d'un réseau de métro automatique de 164 km dans la région parisienne, constitué de trois lignes principales :
- une ligne "bleue" de Roissy à Orly, longue de 50 km, intégrant dans sa partie centrale la ligne de métro n°14 actuelle,
- une ligne "verte" d'Orly à Saint-Denis-Pleyel par Saclay, Versailles et La Défense, longue de 54 km, prolongée jusqu'à Roissy par le tronçon Saint-Denis - Roissy de la ligne bleue,
- une ligne "rouge", longue de 60 km, de La Défense au Bourget par Villejuif, Champs sur Marne, Clichy-Montfermeil.

Dans son avis, l'Autorité Environnementale souhaite qu'au cours du débat public devant commencer le 1er octobre, plusieurs questions soient "approfondies" :
 - les méthodes de calcul et les hypothèses, notamment démographiques, prises en compte dans la justification du programme (significativement plus élevées que celles de l'Insee),
- les impacts induits du réseau sur l'urbanisation nouvelle, à proximité du réseau ou dans l'ensemble de la région, voire au-delà : les emplois et l'habitat ne peuvent en effet être considérés comme indépendants du réseau alors que l'un des objectifs affichés est de les
modifier,
- la comparaison avec le projet Arc Express, dans les secteurs au nord-ouest et au sud-est de Paris où les tracés sont voisins, ainsi qu'à l'est où deux options correspondant à des choix de desserte des territoires différents sont présentés,
- la cohérence entre perspectives d'évolution de la mobilité retenues dans le projet et les politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Démographie

Alors que selon la SGP "l'Insee prévoit une croissance de la population d'Ile-de-France de 669.000 habitants entre 2007 et 2030", "il est fait état à plusieurs reprises dans le dossier d'une augmentation prévue (...) de 1,8 million d'habitants" entre 2005 et 2035, relève l'Ae. "Un écart semblable se retrouve dans les prévisions d'emploi", poursuit-elle, la SGP tablant sur la création d'1,2 million d'emplois d'ici à 2035, "hypothèse résultant d'une volonté politique qui sera rendue possible par le développement des territoires de projet".
La SGP prévoit par exemple une augmentation de 50% de la population à Roissy-CDG et de 105,9% du nombre d'emplois.
L'AE estime "utile" que la SGP présente "plus précisément", "les hypothèses de calcul et les prévisions de trafics routiers et de transport en commun, à partir des modélisations effectuées".

Impacts

"Au vu de l'écart entre les prévisions" Insee et SGP, elle "s'est interrogée sur les impacts positifs ou négatifs portés sur le reste du territoire national" par le projet, "notamment quant à la vitalité des métropoles régionales ou des villes moyennes proches de Paris".
Elle invite à plus de précision quant au choix entre réseau souterrain et aérien et à "développer la prise en compte du risque d'inondation" pour les tronçons souterrains et les gares.
L'AE recommande que "la question très sensible des impacts sociaux et environnementaux du réseau de transport sur l'urbanisation nouvelle soit explicitement approfondie lors du débat public". Ainsi "de façon générale, chaque élément de ce programme de réseau de transport devra faire l'objet d'une évaluation environnementale plus précise par le maître d'ouvrage à un stade ultérieur, avant les choix définitifs de mise en oeuvre des projets."
La SGP est également conviée à "développer les modalités concrètes de maîtrise de l'étalement urbain".
Selon l'autorité environnementale, qui "a eu du mal à se retrouver" dans certains résultats, les chiffrages de la SGP "conduisent à s'interroger sur la validité de l'hypothèse de base, selon laquelle les constructions nouvelles prévues se concentreront pour l'essentiel dans le fuseau proche du réseau de transport en commun".
Si le temps du trajet domicile-travail restait à peu près constant, "hypothèse couramment émise", "le gain de temps apporté par l'existence du réseau pourrait conduire à allonger les distances entre localisation des emplois et de l'habitat" et "les conséquences sur le développement de la péri-urbanisation seraient alors importantes", prévient l'AE.

 

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Arc Express, le projet de métro automatique autour de Paris.

FOCUS

L’autorité environnementale du Conseil général de l’Environnement et du Développement durable

Cette instance donne des avis, rendus publics, sur les évaluations des impacts des grands projets et programmes sur l'environnement et sur les mesures de gestion visant à éviter, atténuer ou compenser ces impacts, par exemple, la décision d'un tracé d'autoroute, la construction d'une ligne TGV ou d'une ligne à haute tension, mais aussi d'un projet local, dès lors qu'il dépend du MEEDDM et qu'il est soumis à étude d'impact.

 

 

Adrien Pouthier | Source AFP