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A Batimat, l’éco-construction en question
Thibault Belair | 10/11/2011 | 15:32 | Evénement
Dans la foulée de la signature de la charte d’engagement créant la mention « Reconnu Grenelle Environnement », des experts ont commenté un sondage IPOS/Cer France consacré aux artisans et l’éco-construction. Extraits.
Dans le cadre du Club Construire durable Le Moniteur a reçu, mercredi 9 novembre, à Batimat, Jérôme Gatier, directeur du plan bâtiment, Jean-Paul Le Brech, directeur général adjoint CER France, et Benoît Loison, président de la Commission Environnement et développement durable, afin d’analyser les résultats du sondage IPSOS/Cer France « Les artisans et l’éco-construction ». A noter que cette table ronde fut animée au même moment que la signature de la charte d'engagement créant la mention « Reconnu Grenelle Environnement ».
Le sondage commenté a été synthétisé en septembre 2011 après deux années d’études.
Voici un extrait des commentaires des principales révélations de ce sondage.
85% des artisans pensent que l’augmentation de la TVA sera néfaste à leur activité.
Benoît Loison : « On peut dire qu’il y a deux problématiques, la première c’est de se demander s’il y a une inflexion dynamique ou négative de la mesure. Et la deuxième, c’est de trouver le moyen de laisser les entreprises en situation de compétitivité. »
49% des artisans estiment que la hausse de la TVA va entraîner des suppressions d’emplois dans leurs entreprises.
Jérôme Gatier : « Ce résultat est normal. Il exprime une crainte mais tant qu’une chose n’est pas en place, on ne peut pas vraiment mesurer son impact. »
21% des artisans croient en une augmentation de l’activité de leurs entreprises dans les douze prochains mois.
Jean-Paul Le Brech : « Il faut se focaliser sur la conjoncture malheureusement. Qu’est-ce qu’on voit ? Simplement que l’économie est bien plus morose maintenant qu’à l’époque du sondage, en septembre. Avec les événements récents liés à la crise grecque, je suis prêt à parier que ce chiffre de 21% est en réalité bien plus bas aujourd’hui. »
57% des artisans affirment que c’est le manque de demande des acheteurs qui freine le développement de « l’éco-construction ».
Jean-Paul Le Brech : « Il faut avouer que concernant l’éco-construction, les choses bougent peu. A l’heure où je vous parle, presque un tiers des artisans ne veut pas de l’éco-construction. C’est normal : nous sommes encore au commencement. »
Benoît Loison : « C’est vrai qu’on se trouve au stade du « comment faire ? », « comment financer ? ». Pour pallier ces questionnements, il faut créer des éléments de prise de confiance. Ça passe bien sûr par une meilleure communication sur l’éco-construction. »
Jérôme Gatier : « L’éco-construction est une révolution des mentalités, le changement ne se fait jamais au bout d’un an. Je suis d’accord avec Benoît Loison sur le fait qu’il faille améliorer la communication. »
3% des artisans voient dans le Grenelle de l’environnement une perspective de création d’emploi.
Jérôme Gatier : « C’est très décevant car l’année dernière ce chiffre était de 7%. Les raisons de cette baisse sont diverses : la conjoncture bien entendu, le fait de ne plus pouvoir cumuler les prêts à taux zéro et les éco-prêts et encore une fois le manque de communication. »
58% des artisans considèrent le grenelle comme une contrainte.
Jean-Paul Le Brech : « Ce n’est pas surprenant, on vit une mutation du métier avec toute la prudence que ça génère. »
Jérôme Gatier : « C’est pourquoi nous n’avions pas le choix, il fallait absolument rendre visibles les artisans qui font des efforts pour améliorer les performances énergétiques. C’est le principe de la charte d'engagement créant la mention « Reconnu Grenelle Environnement ». Une des clefs c’est de tenir un discours d’exigence, les professionnels qui ne voudront pas s’adapter aux nouvelles normes environnementales auront de grosses difficultés je pense. »
Benoît Loison : « C’est essentiel que les artisans partisans de l’éco-construction puissent être distingués pour leurs compétences. Ce signe de qualité, reconnu par le Grenelle, doit pousser l’éco-construction vers le haut en incitant les gens à se former. »
Jean-Paul Le Brech : « La mission du « label Quali Grenelle » est donc d’inciter et de communiquer en faveur de l’éco-construction. »
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