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Rencontres de la Performance Energétique : en marche vers une généralisation des bâtiments BBC
Frédérique Vergne | 19/10/2009 | 9:02 | Evénement
Les Rencontres de la Performance Energétique, qui se sont tenues les 14 et 15 octobre 2009 au Cnit Paris-La Défense, ont montré qu’il est possible aujourd’hui d’atteindre les objectifs du Grenelle. Une démonstration par l’exemple.
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Réaliser dès aujourd'hui des bâtiments basse consommation, c'est possible et même nécessaire pour réussir la généralisation de ces bâtiments économes en énergie, conformément au Grenelle. Cette évidence est apparue comme le fil rouge des Rencontres de la Performance Energétique 2009, organisées conjointement par l'Ademe et le groupe Moniteur. Ce rendez-vous sur deux jours a rassemblé quelque 800 personnes, preuve des attentes sur les retours d'expériences des acteurs du bâtiment, architectes, bureaux d'études, maîtres d'ouvrage privés et publics, et entreprises.
«Le Grenelle confirme ses engagements dans le domaine du bâtiment : une rénovation accélérée du parc existant pour réduire les consommations énergétiques d'au moins 38% d'ici 2020 et la généralisation des bâtiments basse consommation dans le neuf, dès fin 2010 pour les bâtiments publics et tertiaires et dès fin 2012 pour tous les bâtiments résidentiels (réglementation thermique RT 2012) », précise en guise d'ouverture du colloque Philippe Van de Maele, Président de l'Ademe.
Généraliser les bonnes pratiques
La marche est bel et bien engagée. Pour preuve : dans le cadre du Prebat, programme de recherche et d'expérimentations sur l'énergie dans le bâtiment, plus de 250 projets démonstrateurs ont été sélectionnés représentant près de 550 bâtiments ou maisons soit près de 2.200 logements et 105 bâtiments tertiaires correspondant à 170.000 m² (bureaux, établissements de santé, d'enseignement et d'hébergement). 60 d'entre eux portent sur la réhabilitation de bâtiments existants. 4 projets concernent des bâtiments à énergie positive.
Et Philippe Van de Maele de préciser que « les nouveaux appels à projet, lancés dans les prochains mois et portant sur les bâtiments à énergie positive (BePOS) pour le neuf et la réhabilitation, devraient permettre d'atteindre d'ici fin 2010, 1000 bâtiments et maisons BBC ou à énergie positive. Les premiers bâtiments réalisés tiennent leurs promesses et démontrent que la basse consommation peut être atteinte avec les technologies existantes et pour des coûts maîtrisés. Il ne s'agit donc pas pour le bâtiment d'inventer le futur, mais bien de généraliser ce qui se fait déjà ». Un constat que ne démentit pas Elisabeth Falemo, Secrétaire d'Etat à l'Environnement au Ministère de l'Environnement suédois. Invitée d'honneur cette année aux Rencontres de la Performance Energétique, la Suède, souvent citée en exemple dans le développement durable, a mis en place une véritable économie « éco-efficace ». « Nous trouvons qu'un des moyens performants pour baisser le taux d'émissions de gaz à effet de serre est la taxe carbone. Instituée depuis 1991, cette taxe, qui est passée de 27 euros par tonne de CO2 à 100 euros aujourd'hui, est compensée par la baisse d'autres impôts. Sa mise en place n'a eu aucun impact sur la croissance économique du pays », précise Elisabeth Falemo. Un clin d'œil à la taxe écologique applicable dès 2010 en France, qui a du mal à passer auprès des ménages.
Equilibre entre confort d'été et d'hiver
Étayé par des exemples de réalisations, avec leurs caractéristiques techniques et économiques, le colloque a été l'occasion de rappeler quelques constantes pour atteindre les niveaux BBC. La mobilisation de tous les acteurs du bâtiment, accompagnée d'un soutien des pouvoirs publics par des mesures réglementaires, une information renforcée des particuliers, des incitations financières, mais aussi des actions de recherche et de développement orientent fortement les actions de toutes les parties prenantes pour les années à venir.
Pour l'existant, « la face nord du Grenelle », le plan est très largement en marche, se réjouit Philippe Pelletier, Président du Comité Stratégique du Plan Bâtiment Grenelle. « Plus de 2,5 milliards d'euros seront consommés en 2009 en crédits d'impôt et 40.000 éco-prêts à taux zéro ont été distribués à fin septembre (70.000 à la fin de l'année) pour un objectif de 200.000 fin 2010 ».
Autre constante : les différentes techniques mises en œuvre par les porteurs de projets : le recours à un chauffage à haut rendement avec les chaudières à condensation et les PAC ; le renforcement de l'isolation, notamment avec une isolation par l'extérieur du bâti, la ventilation à double flux et l'utilisation des énergies renouvelables. « A terme, la production d'eau chaude sanitaire deviendra le poste prépondérant en consommation énergétique. Il est donc nécessaire de développer des systèmes performants, précise Jean-Christophe Visier, Directeur Energie-Santé et Environnement au CSTB. Il faut aussi régler le problème du confort d'été en même temps que les économies d'énergie ».
Plus d'efficacité énergétique, à un prix raisonnable
Le coût médian de construction des bâtiments neufs observés dans le cadre du Prebat se situe à 1450 euros HT/m2, soit un surcoût d'environ 15% par rapport au coût moyen de la construction. Toutefois ce surcoût est inférieur à 15% pour près de 50% des projets présentés et la barre des moins de 1000 euros au m2 a été franchie. Pour les bureaux BBC, les coûts d'investissement pour atteindre la performance énergétique sont aujourd'hui estimés à près de 12% du coût total des projets.
Concernant la rénovation de bâtiments existants, les travaux légers ont un coût moyen de
3.800 euros et les travaux lourds, un coût compris entre 15 et 30.000 euros, et en moyenne 27.000 euros par logement dans le social.
L'annonce de l'application de la RT 2012 (BBC) dès le 1er janvier 2011 à l'ensemble des bâtiments publics et tertiaires stimule actuellement l'offre des matériaux et de technologies nécessaires à la performance énergétique et devrait conduire à une baisse des coûts. Le surcoût BBC par rapport à la RT 2005 pourrait ainsi être ramené entre 5 et 10% dès la mise en œuvre effective de la RT 2012. Un tel surcoût sera rentabilisé entre 10 et 15 ans suivant les cas. Un autre facteur important de baisse des coûts réside dans la phase de conception : l'Ademe appelle les architectes et les bureaux d'études énergétiques à travailler en partenariat.
Garantie de résultats
La question de trouver les moyens les plus adaptés pour garantir aux clients le résultat des prestations des entreprises en termes d'efficacité énergétique est posée aujourd'hui avec insistance. Si les professionnels doivent être capables de mettre en place sur leurs chantiers des outils d'autocontrôle garantissant le respect des réglementations, les assureurs doivent pouvoir proposer une offre de garantie. Le 5e appel à projet au 1er trimestre 2010 de la Fondation Bâtiment Energie portera d'ailleurs sur ce thème et certains spécialistes de l'immobilier tertiaire, par exemple la Société Foncière Lyonnaise, réfléchissent à la possibilité de garantir aux locataires des performances énergétiques qui, si elles ne sont pas atteintes, pourraient faire l'objet d'une compensation. A condition bien sûr que les bons usages de fonctionnement soient adoptés par les occupants. L'objectif étant à terme d'offrir un bail « vert ».
Si le bâtiment BBC et sa généralisation sont le grand projet du moment, il s'agit aussi d'étudier comment un ouvrage peut produire de l'énergie, jusqu'à devenir autosuffisant (BEPOS). Autres thèmes d'investigation : le cycle de vie du bâtiment et l'énergie grise. Encore un vaste chantier en perspective !